Un gigantesque amas de plastique menace le Pacifique

24 12 2007

Soulevée récemment par Daisy Dumas dans la revue L’Écologiste, l’affaire est en passe de devenir une menace majeure pour l’écosystème marin pacifique.

Le North Pacific Gyre (en français, enroulement du Pacifique Nord) est un gigantesque tourbillon océanique résultant de l’addition de plusieurs courants marins du Pacifique Nord. S’étendant de l’équateur au 50ème parallèle, sur une surface d’environ 34 millions de km², cette vaste aire océanique est aujourd’hui le théâtre d’un sinistre phénomène.

Le mouvement circulaire des courants dans cette zone a en effet entraîné la formation d’une immense « île » de détritus plastiques ; la plus grande masse de déchets jamais observée au monde. Cet amas détritique, baptisé Great Pacific Garbage Patch ou GPGP, qui serait selon certains grand comme deux fois la France, résulte de l’accumulation de l’ensemble des déchets plastiques déversés constamment dans le Pacifique, sur les côtes (70 à 80 %) ou depuis les bateaux de pêche industrielle, et transportés jusque là par le jeu des courants.

ilepoubelle31.jpg

Les travaux du Capitaine Charles Moore, océanologue et fondateur de la Fondation pour la Recherche Marine Algalita, ont de quoi faire peur… Selon lui, le GPGP s’accroît « à un rythme exponentiel » depuis les années 1950, et ses conséquences pour l’écosystème pélagique sont catastrophiques. Les détritus plastiques, dégradés en petits morceaux sous l’effet du rayonnement solaire, sont confondus par de nombreux animaux avec des aliments, et obstruent leurs conduits respiratoires et digestifs. Les observations sont éloquantes chez de nombreux poissons, tortues, ou encore oiseaux. On pense notamment à l’Albatros de Laysan (Diomedea immutabilis, voir ci-dessous), espèce extrêmement vulnérable, chez qui on a dénombré jusqu’ici 100 000 décès dus au plastique.

diomedea-immutebilis.jpg

Mais il y a pire. Les morceaux de plastique flottants sont photodégradés à des échelles encore plus petites, jusqu’à atteindre le niveau microscopique. Les polymères de plastique alors formés se confondent avec le zooplancton, base des chaînes trophiques marines. Puis ils sont consommés par les poissons, dont de nombreux cétacés, causant ainsi de graves intoxications. Le capitaine Moore a d’ailleurs dénombré dans certains endroits du GPGP un ratio de plastique par rapport au plancton de 6 pour 1.

De plus, il faut souligner que le plastique contient bien souvent de nombreux composés chimiques extrêmement toxiques qui, une fois ingérés par les méduses et les salpes, se retrouvent eux aussi dans les chaînes alimentaires qui mènent aux poissons, et enfin aux Hommes…

Voici une vidéo sur les recherches de la Fondation Algalita :

Un phénomène d’une ampleur et aux conséquences particulièrement inquiétantes pour le futur des océans de la planète. Car si, en effet, le GPGP est la plus vaste masse de déchets marins observée dans le monde, on a déjà décrit des cas similaires localement dans divers endroits du globe…

Comme nous le dit Daisy Dumas dans son article de L’Écologiste, « si nous ne faisons rien, deux tendances vont s’accentuer ». Dans un premier temps, la prolifération du « plancton plastique » va s’accroître, et ainsi mener à la disparition de nombreuses espèces, creusant encore plus les pertes de biodiversité. Dans un second temps, les gros déchets plastiques vont finir par couler (à hauteur de 70% selon l’ONU) au fond des océans pour former un gigantesque cimetière toxique…

La nécessité d’une prise de responsabilités de la part des acteurs du milieu marin, des pouvoirs publics, des consommateurs, devient aujourd’hui indéniable.

Pour en savoir plus :

(en) « North Pacific Gyre » sur le Wikipédia anglophone

(en) « The trash vortex » sur le site de Greenpeace

(en) PDF : Rapport du Capitaine Charles Moore, publié par le PNUE

(en) Site de la Fondation Algalita

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9 responses

26 03 2008
lagarrigue

Salut Valentin,

Merci pour ta collecte d infos et leurs diffusions qui contribuent a amorcer la prise de conscience collective.

Le plastique non recyclable est un matériaux a boycotter au plus vite, en fait , il n aurait jamais du être utilise pour la confection de produits jetable destine a être consommer en masse !

C est une bombe a retardement au même titre que l’agriculture intensive, l’électricité nucléaire, les OGM, la déforestation, les émissions excessives de CO2, ….

26 03 2008
lagarrigue

Salut Valentin,

Merci pour ta collecte d infos et leurs diffusions qui contribuent a amorcer la prise de conscience collective et j espere demain un « ecoreveil ».

Le plastique non recyclable est un matériaux a boycotter au plus vite, en fait , il n aurait jamais du être utilise pour la confection de produits jetable destine a être consommer en masse !
C est une bombe a retardement au même titre que l’agriculture intensive, l’électricité nucléaire, les OGM, la déforestation, les émissions excessives de CO2, la croissance sans limites….

Pourrais tu me transmettre le lien vers la video de la Fondation Aligata pour que je la transmette a mon tour, je te remercie 🙂

Bonne continuation a Toi,

Marc

17 06 2008
TOUBLANT Damien

Un phénomène d’une ampleur et aux conséquences particulièrement inquiétantes: j’en est fait une pétition qui débute tout juste mais qui est déjà à 51 signataires. Venez signez ! Mobilisons-nous !

28 10 2008
Damien TOUBLANT

Continuez à venir signer et à mobiliser votre entourage.

La pétition (http://petitioncontreseptiemecontinent.over-blog.com/) est maintenant à 170 signataires.

14 12 2008
TOUBLANT Damien

Continuez à venir signer et à mobiliser votre entourage.

La pétition (http://petitioncontreseptiemecontinent.over-blog.com/) est maintenant à 261 signataires.

6 02 2009
Hugues Théorêt

Nous sommes tous resposnables de ce gâchis monumental. Cessons de nous défiler et de blâmer uniquement les grandes compagnies et la société de consommation en général. Si nous prenons tous une part du blâme, peut-être parviendrons-nous un jour à freiner notre autodestruction.

Hugues Théorêt
Chelsea, Québec
Canada

3 11 2009
Braeckman Claude

Je regarde vivre autour de moi mes concitoyens et je me demande s’ils ont vraiment compris…ou alors ils ne veulent pas comprendre que c’est l’action de chacun d’entre nous, donc du plus grand nombre qui sauvera notre belle planète. Tout le monde semble d’accord pour la sauver, mais personne n’est prêt à renoncer au confort que nous propose la société de consommation. Sans revenir à l’âge de la pierre, sommes-nous capables d’agir ensemble, car quelques individus sont malheureusement impuissants face à l’ampleur du problème, et « consommer » avec plus d’intelligence pour préserver les ressources naturelles que la terre a mis des millions d’années à constituer ? Répondre à ces questions sera le début du sauvetage : sommes-nous prêts à utiliser moins notre voiture et surtout l’avion pour fuir la réalité n’importe quand et n’importe où, mais surtout notre mal-être ? Sommes capables de renoncer à ces nouvelles drogues que sont les appareils portables, ordinateurs ou tout autre gadget énergivore que l’on nous propose pour vivre dans le meilleur des mondes ? Chacun de nous peut ajouter un exemple à cette liste …. et de faire un choix qui nous sauvera, nous et les générations futures. J’ose croire qu’il n’est déjà pas trop tard, mais qu’il est encore temps.

5 11 2009
Pierre

Je relaye l’info.

C’est la meilleur facon de faire prendre conscience aux gens la gravité de la situation.

29 11 2009

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