Agriculture, OGM : deux films qui alimentent le débat

17 04 2008

Agribusiness, appropriation et rentabilisation du vivant, libéralisation à outrance du marché de l’alimentation (devrais-je dire, de la faim) ; le tout sur fond de creusement des disparités Nord/Sud… C’est une bien triste réalité que la mondialisation libérale impose aujourd’hui à l’agriculture et à la sécurité alimentaire du monde.

La légalisation imminente des cultures OGM aux niveaux national et européen, que l’on peut attribuer aux lobbies industriels, s’inscrit clairement dans un soutien au capitalisme financiarisé, au service de l’hégémonie des multinationales – en premier lieu Monsanto – sur les paysans et les consommateurs du monde entier.

La connivence existant entre décideurs politiques d’une part, et géants économiques et commerciaux d’autre part, souligne chaque jour un peu plus la nécessité d’une prise en main des enjeux écologiques par les citoyens eux-mêmes. Une métamorphose des consommateurs passifs, victimes quotidiennes des lois du marketing, en « consomm’acteurs » est la clé des problèmes agricoles et alimentaires du XXIème siècle.

Alors, comment y voir plus clair ? Aujourd’hui, je vous propose deux films pour mieux comprendre, mieux agir, mieux être :

abcdef

« WE FEED THE WORLD » de Erwin Wagenhofer, Autriche, 2007

We Feed The World

Chaque jour, à Vienne, la quantité de pain inutilisée, et vouée à la destruction, pourrait nourrir la seconde plus grande ville d’Autriche : Graz… Environ 350 000 hectares de terres agricoles, essentiellement en Amérique latine, sont employées à la culture du soja destiné à la nourriture du cheptel des pays européens, alors que près d’un quart de la population de ces pays souffre de malnutrition chronique… Chaque Européen consomme chaque année 10 kg de légumes verts irrigués artificiellement dans le Sud de l’Espagne, et dont la culture provoque localement des pénuries…

We Feed The World est un film sur la pauvreté au coeur de la richesse qui éclaire la manière dont notre nourriture est produite et répond aux questions que le problème de la faim dans le monde nous pose.

Découvrez ci-dessous la bande-annonce du film, ainsi qu’un extrait plutôt.. musclé.

A consulter également : le site de We Feed The World

A lire :

Erwin Wagenhofer, Le Marché de la faim, le livre du film, Actes Sud, 2007, 191 p.
Jean Ziegler, La faim dans le monde expliquée à mon fils, Seuil , 2000, 62 p.
Jean Ziegler, Le droit à l’alimentation, essai, Mille et Une Nuits, 2003, 228 p.
Jean Ziegler, L’empire de la honte, Fayard, 2005, 323 p.
Jean Ziegler, Les Nouveaux maîtres du Monde, Seuil, 2007, 360 p.

abcdef

« LE MONDE SELON MONSANTO » de Marie-Monique Robin, France, 2007

Le Monde selon Monsanto

Après une enquête implacable de 3 ans menée en Amérique du Nord et du Sud, en Europe et en Asie, ce film récemment diffusé sur ARTE nous révèle le projet hégémonique de Monsanto, menaçant la sécurité alimentaire du monde mais aussi l’équilibre écologique de la planète.

Le Monde selon Monsanto mène l’enquête sur la multinationale américaine Monsanto, leader mondial des biotechnologies, une des entreprises les plus controversées de l’ère industrielle. 90% des organismes génétiquement modifiés (OGM) cultivés aujourd’hui sur la planète, tels que le soja, le colza, le maïs, le coton…, lui appartiennent et à terme c’est la chaîne alimentaire toute entière qu’elle est à même de contrôler. Les OGM de Monsanto ont envahi le monde entier et pourtant jamais une application agro-industrielle n’a suscité autant de passions et de polémiques.

Pourquoi ? Quels sont les enjeux des OGM ? Risques ou bienfaits pour l’humanité ?

Découvrez ci-dessous la bande-annonce du film :

Et voici l’interview de Marie-Monique Robin par Élise Lucet au 13 heures de France 2 :

La diffusion du film sur ARTE le 11 mars 2008, a donné lieu à un débat autour des OGM animé par Thomas Kausch, entre : d’une part, Christian Vélot, chercheur en génétique à Paris-XI, et José Bové, militant altermondialiste et leader de la Confédération Paysanne, tous deux hostiles aux OGM, et d’autre part l’eurodéputée conservatrice allemande Renate Sommer, partisane des OGM.

On pouvait s’attendre à une opposition manichéenne des deux points de vue, et à un dialogue de sourds… Mais on apprécie en fait la franchise et la qualité argumentative de C. Vélot et J. Bové au regard des circonlocutions de la parlementaire allemande. Voyez vous-même…

N’hésitez pas à visiter aussi la page du film sur le site d’ARTE, où vous pourrez trouver de plus amples renseignements et acheter le film en DVD ou en VOD…





Un gigantesque amas de plastique menace le Pacifique

24 12 2007

Soulevée récemment par Daisy Dumas dans la revue L’Écologiste, l’affaire est en passe de devenir une menace majeure pour l’écosystème marin pacifique.

Le North Pacific Gyre (en français, enroulement du Pacifique Nord) est un gigantesque tourbillon océanique résultant de l’addition de plusieurs courants marins du Pacifique Nord. S’étendant de l’équateur au 50ème parallèle, sur une surface d’environ 34 millions de km², cette vaste aire océanique est aujourd’hui le théâtre d’un sinistre phénomène.

Le mouvement circulaire des courants dans cette zone a en effet entraîné la formation d’une immense « île » de détritus plastiques ; la plus grande masse de déchets jamais observée au monde. Cet amas détritique, baptisé Great Pacific Garbage Patch ou GPGP, qui serait selon certains grand comme deux fois la France, résulte de l’accumulation de l’ensemble des déchets plastiques déversés constamment dans le Pacifique, sur les côtes (70 à 80 %) ou depuis les bateaux de pêche industrielle, et transportés jusque là par le jeu des courants.

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Les travaux du Capitaine Charles Moore, océanologue et fondateur de la Fondation pour la Recherche Marine Algalita, ont de quoi faire peur… Selon lui, le GPGP s’accroît « à un rythme exponentiel » depuis les années 1950, et ses conséquences pour l’écosystème pélagique sont catastrophiques. Les détritus plastiques, dégradés en petits morceaux sous l’effet du rayonnement solaire, sont confondus par de nombreux animaux avec des aliments, et obstruent leurs conduits respiratoires et digestifs. Les observations sont éloquantes chez de nombreux poissons, tortues, ou encore oiseaux. On pense notamment à l’Albatros de Laysan (Diomedea immutabilis, voir ci-dessous), espèce extrêmement vulnérable, chez qui on a dénombré jusqu’ici 100 000 décès dus au plastique.

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Mais il y a pire. Les morceaux de plastique flottants sont photodégradés à des échelles encore plus petites, jusqu’à atteindre le niveau microscopique. Les polymères de plastique alors formés se confondent avec le zooplancton, base des chaînes trophiques marines. Puis ils sont consommés par les poissons, dont de nombreux cétacés, causant ainsi de graves intoxications. Le capitaine Moore a d’ailleurs dénombré dans certains endroits du GPGP un ratio de plastique par rapport au plancton de 6 pour 1.

De plus, il faut souligner que le plastique contient bien souvent de nombreux composés chimiques extrêmement toxiques qui, une fois ingérés par les méduses et les salpes, se retrouvent eux aussi dans les chaînes alimentaires qui mènent aux poissons, et enfin aux Hommes…

Voici une vidéo sur les recherches de la Fondation Algalita :

Un phénomène d’une ampleur et aux conséquences particulièrement inquiétantes pour le futur des océans de la planète. Car si, en effet, le GPGP est la plus vaste masse de déchets marins observée dans le monde, on a déjà décrit des cas similaires localement dans divers endroits du globe…

Comme nous le dit Daisy Dumas dans son article de L’Écologiste, « si nous ne faisons rien, deux tendances vont s’accentuer ». Dans un premier temps, la prolifération du « plancton plastique » va s’accroître, et ainsi mener à la disparition de nombreuses espèces, creusant encore plus les pertes de biodiversité. Dans un second temps, les gros déchets plastiques vont finir par couler (à hauteur de 70% selon l’ONU) au fond des océans pour former un gigantesque cimetière toxique…

La nécessité d’une prise de responsabilités de la part des acteurs du milieu marin, des pouvoirs publics, des consommateurs, devient aujourd’hui indéniable.

Pour en savoir plus :

(en) « North Pacific Gyre » sur le Wikipédia anglophone

(en) « The trash vortex » sur le site de Greenpeace

(en) PDF : Rapport du Capitaine Charles Moore, publié par le PNUE

(en) Site de la Fondation Algalita





Google écolo ?

16 12 2007

Vous savez quoi ? L’incontournable moteur de recherche se met lui aussi au vert…

Enfin, plutôt au noir ! Un internaute a eu la bonne idée de rendre disponible la page de Google, en très grande majorité blanche – et donc très gourmande en énergie – en version noire.

Ceci est censé diminuer de façon plus ou moins significative la consommation électrique de votre moniteur… Si le résultat est efficace pour les anciens écrans cathodiques cubiques (48% d’économie), il l’est tout de même moins pour les écrans plats modernes (de 2 à 15%)…

N’hésitons pas, néanmoins, à choisir Ecoogle comme page d’accueil… Un geste, même petit, est toujours le bienvenu !

Ecoogle.net - La recherche écologique






Une encyclopédie du vivant en ligne

16 12 2007

Rassembler dans un même site Internet toutes les informations connues à ce jour sur la biodiversité, pour former ainsi une véritable Arche de Noé virtuelle : voici l’objectif captivant de l’aventure Encyclopedia of Life (EOL) !

Créé sur une période de 10 ans, ce projet, mené sous la direction du Dr. James Edwards, biologiste à Harvard, réunira le détail de plus de 1,8 million d’espèces incluant des fiches descriptives réalisées par des experts du monde entier, et accompagnées de photographies, de vidéos, de sons et de cartes.

Il s’agit de réunir toutes les connaissances sur les espèces vivantes afin de coordonner les efforts scientifiques pour la découverte, la description et la conservation du patrimoine naturel de la planète.

Pour plus d’infos : consultez le site http://www.eol.org





Typolution…

8 12 2007

Pour commencer, une petite vidéo minimaliste trouvée sur la Toile…

Ce clip, réalisé par le designer graphique canadien Olivier Beaudoin (UQAM) et rythmé par la chanson « Nostrand » du groupe Ratatat, a remporté le « Diplôme d’Or » Ecodesign 2007 de St-Petersbourg.

Un style simple et épuré très pertinent…





Bonjour tout le monde !

7 12 2007

Amis du Net, bienvenue !

Voici le modeste blog d’un jeune breton passionné de nature et d’environnement…

Actuellement lycéen (terminale scientifique), je me suis découvert une fibre pour les questions écologiques, aussi bien dans leurs aspects naturalistes que politiques.

Rapprocher Nature et Société, retisser des liens plus sains et plus solides entre écosystèmes et systèmes sociaux, afin de préserver notre planète : voici la lourde mais passionnante tâche des nouvelles générations…

Pourquoi un blog ? Pour faire partager à tous, jour après jour, mes passions, mes envies, mes idées : vous y trouverez un pêle-mêle d’articles, de photos nature, etc… N’oubliez pas qu’un blog est aussi fait pour permettre à tous de réagir…

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Bon vent !…

valentin








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